Clémentine Mélois, « Sinon j’oublie »

Présentation-lecture à l’Ivraie les 5 et 19 mai 2018 : Clémentine Mélois, « Sinon j’oublie », éditions Grasset.
C. Mélois 1Née en 1980, artiste plasticienne et écrivaine, membre de l’Oulipo depuis 2017, enseigne l’édition à l’École supérieure des Beaux-arts de Nîmes. Elle fait également partie de l’équipe « Des Papous dans la tête », émission de France-Culture.
Glaneuse de listes de courses tombées sur les trottoirs ou le fond des Caddy®, elle étudie les indices dont ils sont porteurs : supports, graphies, orthographe, nature de la liste, pour former des personnages qu’elle baptise et fait monologuer. Les pages paires livrent le fac-similé de la liste (un poème déjà), les impaires le texte surmonté du prénom de l’imaginaire auteur. Ces petits moments de prose se jouent des langages auxquels la langue donne lieu et nous renvoient, en en moquant les traits, aux candeurs et aux maladresses de notre propre humanité. Si les flèches sont parfois cruelles, les personnage après tout lui appartiennent.

J.V.

Publicités

Les métamorphoses d’Ovide

illustr. métamorphoses
Vendredi 13 avril, au Port-musée de Douarnenez, place de L’enfer, nous nous produirons à 20 heures 30 en une lecture-récital d’extraits du livre X des métamorphoses. Nous avons choisi la dernière version de ce texte écrit aux environs du premier siècle, parue en 2017 aux éditions de l’Ogre et traduite du latin par Marie Cosnay. L’entrée est libre mais la réservation conseillée au 02 98 92 65 20.

Ryokan, « le moine fou est de retour »

ryokan_fou - copieLecture à l’Ivraie le samedi 7 avril à midi.
Ryokan, « le moine fou est de retour », traduit par Cheng Wing Fu et Hervé Collet, éditions Moundarren.
« Qui dit que mes poèmes sont des poèmes / mes poèmes ne sont pas des poèmes / si vous comprenez que mes poèmes ne sont pas des poèmes / nous pourrons alors parler de poésie ».
Ryokan ( bon et bienveillant ) de son nom de moine auquel il attacha le sobriquet de Taigu ( grand fou ) qu’on lui donnera par moquerie, est né au Japon en 1758 et mort en 1831. Calligraphe et poète, il appartenait à la branche Soto du bouddhisme Zen qui s’en tient à la méditation assise comme principale pratique. S’éloignant des intrigues et des honneurs des monastères et de la vie littéraire, il se retira pour une moitié de sa vie dans l’ermitage de Gogo an (des cinq mesures de riz).
Ce recueil, est une chronique de la vie simple qu’il a choisi de mener à Gogo an.
« dans mon bol solitaire / le riz de mille familles / une robe en tissu, mon corps est léger / rassasié, rien de spécial à faire / allègre, je vieillis sereinement ».
Ses poèmes, écrits en chinois, ne sont pas un enseignement ( il a toujours refusé les disciples ) mais simples témoignages d’une vie conforme à la transmission du Bouddha Shakyamuni, vie comparable à celle, aussi légendaire de François d’Assise. Ils évoquent le paysage et tout ce qui advient comme l’ennui (« dans ma hutte montagnarde, les jours et les mois sont longs »), comme l’ébriété ( « toute la journée, sans rien à faire, / nous buvons du saké face aux montagnes en riant généreusement »).
Les sons de la nature remplacent les cloches et les tambours des temples, les froissements de robes des officiants, pour résonner dans un espace intérieur immense.
« La pluie a cessé, des gouttes tombent encore / à ce moment-là mon sentiment est extraordinaire / vaste, immense, connu de moi seul ».
Ce « clochard céleste » , conscient du contexte politique et social dans lequel il vivait, se définit lui-même comme « un homme oisif à une époque de paix ».
Si, de son vivant, il eut une notoriété de calligraphe, ses poèmes ne furent connus qu’après sa mort. Teishin, une jeune nonne dont il fut aimé et qu’il aima à la fin de sa vie se chargea de les collecter et de les faire publier.

J. Vincent

Le bateau ivre

Samedi 31 mars, midi, à l’Ivraie, nous dirons ce long rêve éveillé qu’est « Le bateau ivre ». Vingt cinq quatrains en alexandrins ou presque (onze pieds seulement dans La A. Rimbaudcirculation des sèves inouïes), rimés en enjambements. Écrit par Arthur Rimbaud au cours de l’été 1871, ce récit d’un naufrage, puis d’un abandon plein de jouissance au dérèglement des éléments par delà les confins du fantastique et enfin d’un retour à la lucidité est considéré comme l’allégorie du poète-voyant . « Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens… », écrit-il à Paul Démeny, « …Il arrive à l’inconnu et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ». Retour critique contre la poésie romantique et les Parnassiens admirés jusqu’alors par un jeune-homme violent et provocateur. On peut certes y lire du ressentiment mais il n’est pas donné à toutes les colères d’armer des bateaux ivres.

Jacques Vincent

Les 3 & 17 mars, présentation-lecture à l’Ivraie

Jeanine SalesseJeanine Salesse, « La rose de carême », éditions La part commune.
Née en 1940, habite le Val-de-marne, randonneuse et poète, elle est membre du jury d’un prix de poésie en prose, le Prix Louis Guillaume.
Quatre ensembles constituent ce recueil chacun sous-titré du mois de février d’une année différente. Poèmes bourgeons écrits entre 93 et 96, leur prose évoque des moments de marche. Le lecteur est immergé dans un temps condensé où le mouvement de l’écriture se confond avec les mouvements et les métamorphoses des choses et des êtres. Ils y paraissent non par leurs formes modestes mais par l’action qui les fait exister. « Là même où les labours remontés par le soc, on trouva une pierre polie. Nous continuons à lisser ». Marcher c’est écrire en déplacement du dehors vers le dedans, dans le paysage humanisé devenu page.
« Deux espaces, deux temps. Chacun prend ses aises, déborde, reconstruit ses paysages de bric et de broc. Ainsi s’épanouit une fleur mentale au subtil parfum d’hiver. »

Jacques Vincent

Agenda 2018 des présentations à l’Ivraie

Les 7 et 21 avril
Ryokan, « Le moine fou est de retour », éditions Moundarren, ISBN: 2-907312-02-2.
Les 5 et 19 mai
Clémentine Mélois, « Sinon j’oublie », éditions Grasset, ISBN: 978-2-246-86203-1.
Les 2 et 16 juin
Victor Hugo, « Les contemplations », éditions Gallimard, ISBN: 978-2-07-032050-9.
Les 7 et 21 juillet
Ana Tot, « méca », éditions Le Cadran ligné, ISBN: 978-2-9543696-5-5.